#02 Tout zéro n’est pas zérote / zero film

zero film
Et badaboum ! Il y a quelques années, je découvrais zero film, une société de production berlinoise fondée en 1990 par Thomas Kufus et Martin Hagemann. Je n’étais pas allé visiter leur site Internet depuis très longtemps et, ce matin, quelle ne fut pas ma surprise ? Je découvrais que zero film était devenu deux ! Oui. Même un zéro seul peut se multiplier. En tant que zérotes, nous en avions entendu parler mais toutes ses histoires d’abiogenèse, d’autogamies, de divisions cellulaires et même d’autofécondations hermaphrodites n’étaient alors que légende. Un zéro en cache donc un autre. Pire, un zéro est deux et sans doute trois, quatre, cinq… Immédiatement je vous rassure, ce qui est vrai d’un zéro est vrai d’un zérote ; car ce qui compose essentiellement le zérote est de l’ordre du zéro. Voici donc établie la preuve tant attendue de l’infinitude du zérote. Une RÉVÉLATION !!! Plus fort que la preuve de l’existence de dieu par Descartes. Bon, heureusement que j’étais assis.
Mais revenons à cette singulière et mystérieuse dissémination venue d’outre-Rhin : (warning : pour ce qui suit, toute votre concentration est requise) zero film est devenu zero one film, côté pile et zero fiction film + zero west, côté face ou inversement (car, je ne vous apprends rien, le zéro n’a pas de face). D’après mes recherches, zero one film produit des documentaires et zero fiction film des films de fiction et des documentaires via zero west. Thomas Kufus s’occupe des documentaires et Martin Hagemann des fictions et documentaires. Le site de zero one est noir, celui de zero fiction est blanc. Celui de zero one est démesuré, celui de zero fiction est minuscule, presque timide. On comprend mieux la raison de la multiplication de ces zéros-là : leur forte complémentarité semblait les gêner aux entournures.
Je vous laisse désormais découvrir leur travail respectif en me permettant de pointer votre attention sur The Turin Horse (Ours d’argent Berlinade 2011), produit par zero fiction film et Goldrush produit par zero one film.

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#01 Tout zéro n’est pas zérote / Zero Books

Zero Books
Il y a quelques jours, j’ai découvert une maison d’édition sise à Blue Ridge Summit en Pennsylvanie, à environ une heure et demi de route au nord ouest de Baltimore. On y publie des ouvrages courts (environ 80 pages) traitant de thèmes variés. Voici quelques titres pris au hasard :
1. En Abîme: Listening, Reading, Writing de Daniela Cascella
2. Writing Urban Space de Liam Murray Bell et Gavin Goodwin
3. After Pornified (How Women Are Transforming Pornography & Why It Really Matters) de Anne G. Sabo
4. Militant Modernism (A defence of Modernism against its defenders.) de Owen Hatherley
Et enfin, le titre qui m’a fait découvrir la maison et qui paraîtra le 25 janvier 2013 (il faudra attendre un peu !) : The End of Oulipo? de Lauren Elkin & Scott Esposito qui promet d’être une charge contre l’endormissement progressif de la vénérable institution.

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Un homme qui dort et Taxi Driver se rencontrent

Montage croisé entre deux films de prime abord très différents. Les similitudes sont en fait confondantes.
Place au face à face : Georges Perec – Bernard Queysanne / Martin Scorcese ; Jacques Spiesser / Robert De Niro.

Pour info, Un homme qui dort date de 1974, Taxi Driver de 1976.

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se taire

Faudra me dire d’où sortent ces oiseaux aux noms bizarres, la nuit, d’où viennent ces bruits de bête qui cognent à la fenêtre. Faudra me dire où trouver la bouche d’ombre, celle qui mène à des phrases comme « Mais que salubre est le vent! » ou « Une énorme femelle de requin vient prendre part au pâté de foie de canard ». Faudra penser à la murer, cette porte, à en jeter la clé aux orties — demain il y a école. Faudra me dire qui a laissé la lumière dans la chambre de la petite. Faudra me dire qui a fait bouillir un livre dans la casserole. Et aussi qui a fini la baguette.

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lâcher de livres dans Paris

Paris/dérive/book-crossing

Avant-hier, aux alentours de midi, j’ai procédé à un lâcher de livres. D’abord l’ouvrage « L’ogre Picasso », posé sur un escalator menant aux Halles, au croisement de la rue Berger et du passage des Lingères. Quelques minutes plus tard, après avoir hésité avec l’allée André Breton, je dépose un ouvrage consacré aux Nénètses, peuple nomade de Sibérie, sur une marche de l’escalier qui mène à la terrasse Lautréamont. Une fille en train de manger un sandwich, des Japonais en Velib’. Puis c’est la rue de la Grande Truanderie, où je choisis une borne en pierre pour y laisser une partie de la correspondance de Guy Debord. Un homme en costume passe et jette un oeil au livre, ne le prend pas. Je marche encore et j’arrive rue Quincampoix, au tour d’un livre sur les rencontres photo de Bamako, largué juste en face d’une galerie d’art. Passage par la rue de Venise : abandon d’un livre sur les chats. Après différentes détours, j’échoue au pied de Pompidou, à l’angle des rues Rambuteau et Beaubourg. Beaucoup de monde, je profite d’une rare accalmie dans le flux pour lâcher un livre sur les peintres du XXe siècle, sous l’un des tuyaux métalliques. Puis c’est le retour, environ une heure après le début de l’expédition, au point de départ, à l’escalator des Halles, où j’abandonne un livre de portraits photographiques d’habitants d’Ivry-sur-Seine. « L’ogre Picasso » a déjà disparu.

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